Mes histoires - Episode 2 - L'homme qui venait du froid

Publié le par Sekhmet

Je sais je ne suis pas très logique dans mon ordre. Car lui c’est le personnage qui a précédé Monsieur « tout juste »… mais vous ne m’en tiendrez pas rigueur non ??
 
StPet.jpgA la fin de mes études, au début des années 2000 soit juste après le passage au nouveau siècle je commence ma vraie vie. J’ai quitté mon ex-petit-ami-trop-gentil-et-pas-assez-ambitieux pour aller faire un tour dans le pays de mes ancêtres. La Russie.
 
Je ne vous avais pas dit que mon père était russe ?? Ah non… ben maintenant c’est fait. Je me retrouve donc à Moscou pour un stage de plusieurs mois. La société pour laquelle je travaille me met à disposition un appartement. Mais mon père, tellement attentionné, demande à un de ses associés de faire en sorte que tout aille pour le mieux pour moi.
Quand j’émets un jour l’envie de voir St. Petersbourg, en deux jours je me retrouve en possession du billet de train première classe couchette Moscou-St.Petersbourg et tout le programme de mon séjour de trois semaines sur place. Les Russes quand ils vous apprécient il ne vous laissent plus respirer :o)) c’est dingue
 
On allait m’attendre à la gare, et qui ?? Ben c’est là que je vis cet homme, ce grand baraqué, ténébreux attendre sur le quai avec un immense bouquet de fleurs – « doit sûrement attendre sa chérie » me suis-je dit. C’est qu’au moment que je me suis retrouvée affublée de ce bouquet qui me bouchait toute la vue et que « mon chaperon » russe portait mes valises que j’ai compris que cet homme allait me suivre pendant tout mon séjour… hmmm intéressant… ça pourrait le faire pour une aventure…
 
Le problème avec les slaves c’est que, dès qu’ils ont un peu d’argent, ils ont tendance à vous sortir le grand jeu. Voitures avec chauffeur, tables dans les meilleurs restaurants, entrées V.I.P dans les meilleures boîtes, croisières sur le Golf de Finlande, les meilleures places pour les matchs des Championnats du Monde de Hockey. Pfff… De plus ils ne vous lâchent pas…
 
D’ailleurs je me demandais presque ce qu’était son boulot à part de s’occuper de moi ??
 
Enfin je ne pouvais pas me plaindre, j’étais la reine des nuits peterbourgeoises. Je rivalisais ouvertement avec toutes les Tatiana, Natalia, Olga et leurs jambes de 1m20… Pfff…
 
Nous nous sommes rapprochés, il est venu me rejoindre à Moscou où naturellement il avait un tas de connaissances aussi et où on a continué avec le même train de vie. Notre relation devint sérieuse. Je suis rentrée en Suisse, il est parti s’installer à Prague, il venait en Suisse, je le rejoignais sur Prague ou en Russie. Je l’ai présenté à mes parents. Il a commencé à faire du « bouziness » avec mon ancien patron.
Et soudainement il a commencé à changer. Notre première engueulade fut entraînée par la découverte du fait que Monsieur était un habitué des maisons closes Praguoises. Ensuite il a fait apparaître d’autres côtés de sa personnalité que je ne soupçonnais point.
 
J’aurais dû me méfier quand la première fois qu’il avait montré une certaine animosité envers moi il m’avait bloqué les bras et secoué avec une force que j’en avais des marques de doigts sur les bras…
 
Il n’arrêtait pas de me comparer à toutes les femmes russes de son entourage il me faisait remarquer que j’étais pas assez bien en cuisine, pas assez rapide pour faire le ménage, pas à ma place quand il faisait des soirées entre potes, trop indépendante dans la vie de tous les jours. Enfin il me dénigrait à longueur de temps jusqu’à en arriver aux mains quand cela n’allait pas comme il le souhaitait. Et moi je lui pardonnais… cet homme je l’avais dans la peau, c’était viscéral, je ne pouvais pas m’en passer, pire qu’une drogue. Je passais, je passais et lui s’installait de plus en plus dans ce rôle. De plus en plus de gestes étaient déplacés, violents… mais à chaque fois qu’il se mettait à genoux devant moi pour implorer mon pardon… à chaque fois je craquais… c’était pas grave finalement il ne m’avait pas réellement fait mal…

violence.jpgUn jour où tout s’était cumulé, l’alcool, les reproches et les violences, je n’ai plus eu le courage de continuer et je suis partie. Ce fut le plus gros déchirement de ma vie… car malgré tout le mal que cette personne m’a fait je l’avais dans la peau… et grave. Cependant pendant des mois j’ai rasé les murs… et j’ai eu peur. Peur qu’il sache où j’étais, peur qu’il me retrouve. J’étais partie comme une voleuse… Jusqu’au jour où je l’ai revu… où il s’est excusé… où il m’a à nouveau demandé pardon et m’a prie de revenir… J’étais déchirée … déchirée… comme si on m’enlevait une partie de moi-même. Mais je ne pouvais pas recommencer cette histoire… c’était trop risqué.
 
Avec cet homme j’ai vécu une véritable passion. Je crois que tant qu’on ne vit pas ça … on ne peut pas savoir ce que c’est… un truc où la raison est totalement mise de côté, où ce sont les tripes qui parlent… un truc destructeur… une chose où on sait pertinemment que c’est impossible de vivre avec la personne mais que c’est quasiment impossible de vivre sans… J’ai mis 3 ans à me remettre de cette histoire pour finalement tomber sur Monsieur « tout juste ».

Publié dans My Love Life

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Sekhmet 23/11/2007 23:20

@Tiz ma douce... effectivement tant qu'on ne sait pas ce que c'est c'est difficile de parle de passion. Mais personnellement je m'en serais bien passée... car ça fait terriblement mal.

Sekhmet 23/11/2007 23:18

@Loïc... Merci pour le commentaire... le problème c'est que certains clichés que l'on attribue à une certaine catégorie mafieuse est une réalité pour tous les russes qui ont un peu d'argent... l'épargne, l'économie et les budgets ils ne connaissent pas... et ils ne sont pas forcément du faux côté ou dangereux. Ils profitent juste de certaines chose qui leur étaient encore inconnues il y a 10 ans.
En ce qui concerne l'âme russe ... ça je te le concède, elle est terriblement torturée mais tellement belle en même temps et elle se transmet de génération en génération... A chaque fois que j'atteris à Domodedovo je pleures... ça vient comme ça...

Tiz 23/11/2007 22:15

Qui n'a pas vécu un amour-passion-destructeur ne connaîtra jamais ce sentiment plus fort que tout...l'amour fou. Ceci est juste mon ressenti. Bonne soirée petit diamant bleu. Zib

Loïc 23/11/2007 18:57

Eh bien, ton histoire ferait presque cliché...Grand jeu, à la russe, luxe, alcool, filles à gogo, limite les clichés sur la mafia russe...Saupoudré de l'âme russe (toujours si proche du désespoir) si bien décrite dans les romans de Dostoïevski...
Je pense que tu as bien fait de vivre ta vie...